Se choisir demeure le seul choix valable.

/ février 21, 2018/ Articles/ 0 comments

Le Pouvoir De Se Choisir

Le Pouvoir De Se Choisir

Dès le début de nos vies

On nous a enseigné très jeune que si nous faisions ce que les autres nous demandaient, nous étions alors gentils. Mais à l’inverse, si on refusait, nous ne l’étions plus.

Comme si, le seul fait que nous refusions une chose pouvait déterminer l’ensemble de notre personne. Souvenez-vous, enfant quand un adulte vous demandait un service.

Si vous acceptiez, vous étiez un bon garçon, ou une bonne fille. Mais si vous refusiez, il y avait de grandes chances d’avoir un regard désapprobateur.

Si nous plaçons les personnes dans des cases en fonction de ce qu’elles nous apportent, nous ne reconnaissons pas alors leur libre arbitre de choisir pour eux ce qui est bon ou non.

Rester dans son rôle pour ne pas déranger

Combien de personnes vont faire des choses afin de ne pas déplaire ? Et même si cela va en l’encontre de leur propre nature.

Moi, je l’avoue, je suis un amalgame de complexité et j’ai souvent refusé d’être le bon garçon. Justement, car je ne voulais pas être catalogué comme gentil ou méchant.

Même aujourd’hui, mes oreilles se dressent quand j’entends quelqu’un me dire : « Tu es gentil ». Pourtant, je suis une bonne personne. Oui, je suis gentil, mais pas juste quand je rends service. Je le suis tout simplement.

Mais un fait demeure, cataloguer un être en fonction de ce qu’il nous apporte et une erreur, encore plus quand cela est un enfant.

Ce que je voulait pour mes enfants et ce que je veux encore

Je suis un homme chanceux, car je suis père à nouveau d’un petit garçon. Un soir, j’ai entendu mon fils de 4 ans et demi, dire à sa mère après avoir renversé son verre de jus : « Mamy, ce n’est pas grave. »…

Sa mère qui fut surprise de voir cette réaction, me regarda en me disant : « mais où il va pêcher ça ? » Avec un sourire en coin, je lui ai répondu que c’est moi qui le lui dis à chaque fois qu’il renverse un truc.

Pourquoi ? Car je veux qu’il garde confiance en lui. Je veux le voir grandir en sachant que peu importe ce qu’il choisira de devenir, il sera un être bon à mes yeux. Ainsi, il pourra faire ses propres choix, sans craindre d’être désavoué.

Et si un jour, quelqu’un le condamne sans raison, il aura assez de confiance en lui pour surmonter cela sans difficultés. Je veux qu’il cultive sa confiance en soi.

Je veux qu’il apprenne à mes côtés qu’il doit se choisir avant même de choisir quelqu’un d’autres. Plus il aura confiance en lui, plus il sera fort, et plus il sera en mesure de prendre soin de ceux qu’il aime.

Un passé qui est aujourd’hui qu’un souvenir

Dans mon jeune temps, quand moi je reversais un truc, j’avais le droit à la racler du siècle. Et plus, on me frappait et plus je gaffais, car la peur m’envahissait à chaque fois que je devais prendre quelque chose entre mes mains d’enfant.

Cela est devenu un cercle vicieux au point que je me privais même une fois adulte. Je n’osais pas aller aux restaurants où même prendre un café à la cafétéria de peur de le renverser. Aller souper chez quelqu’un, non jamais, cela était impossible.

Et si je renversais encore un verre d’eau, comme pourrais-je regarder les autres de face. Cela parait dingue n’est-ce pas? Et pourtant les sévices à répétitions quand nous sommes enfant ont une emprise sur l’adulte que nous devenons.

Ma situation

À cette époque, j’étais monoparental de deux merveilleux fils. L’un qui avait un mois et l’autre 2 ans. Et oui, père monoparental à cette époque était une chose rare. Surtout quand les enfants ont cet âge.

Je l’avoue, cela fut les plus belles années de ma vie. Les bains, les repas, les couches, les boires durant la nuit, le travail, les études. Et surtout la joie d’être là pour eux. J’avais l’impression de participer à quelque chose de plus grand que moi.

Pour mes enfants

Un soir à l’université, mes pensées tournaient autour de mes enfants. Je me suis demandé ce que je pouvais leur apporter de bon comme exemple, si je ne pouvais même pas surmonter mes propres démons. 

Ce soir-là, j’étais déchiré et effrayé. Comment donner à mes enfants que j’aime plus que tout, le sentiment de confiance en soi, si moi, leur propre père, je n’arrivais même pas à prendre un simple café dans une cafétéria de peur de le renverser ?

J’étais dévasté, juste à l’idée de ne pas être un bon père. Cette peine, c’est transformé en colère, une colère contre moi, je me décevais. Je n’étais pas digne d’être un père. Mon dieu, combien de choses blessantes j’ai pu me dire.

Ces mêmes mots qu’on me disait quand j’étais enfant. Ces mêmes paroles qui ont détruit mon existence.

Le moment qui changea ma vie

C’est à ce moment-là précis, que j’ai décidé de me rendre à la cafétéria de l’université. J’ai pris un simple café dans un gobelet blanc de styromousse.

Une fois mon gobelet de café à la main, je me suis dirigé à une table. J’étais mort de peur, comme si je m’attendais à recevoir encore une fois des coups et des insultes. Mais l’amour pour mes enfants est sans limite. 

Une fois assis, j’ai décidé du bout du doigt, de renverser volontairement mon café sur la table de la cafétéria aux yeux de tous. J’ai regardé longtemps, ce s’étendre sur la table, jusqu’il atteigne le rebord et s’écoule jusqu’au sol.

Au début, mon cœur battait la chamane, je croyais mourir sur place. Mais chaque goutte qui touchait le sol, me rendait de plus en plus fort, car comme un sablier qui compte le temps, les gouttelettes de ce café comptaient les battements de mon cœur.

Je suis devenu observateur du moment présent

J’ai pris le temps d’observer ce que je vivais, sans le combattre. J’étais l’observateur de ma propre vie. Je pouvais entendre la voix de mon père, je pouvais voir les marques sur mon corps d’enfant. Mais je n’étais plus la victime, j’étais simplement là, dans ce moment précis.

La dernière goutte qui toucha le sol, me sorti de cette vision. J’étais là, sans blessure, sans peine, mais surtout sans peur.

Par la suite, je me suis levé, et j’ai simplement été voir la caissière de la cafétéria pour lui demander un chiffon pour ramasser le dégât que j’avais provoqué.

Elle m’a dit qu’elle allait s’en occuper, je lui ai fit savoir qu’il en était pas question, que cela était ma responsabilité. Alors, elle me sourit et me donna un chiffon et un autre café.

Je me suis choisi

Pour mes enfants, j’ai décidé ce jour-là, de devenir l’homme que je suis aujourd’hui. La seule et unique façon d’y arriver était d’apprendre à prendre soin de moi. De guérir mes blessures qui étaient nombreuses et surtout de m’accorder le droit d’être heureux.

Comprendre que plus je m’accorderais de l’importance et plus je serais en mesure d’offrir à mes enfants un bon modèle de père. Sans vraiment le savoir, je me choisissais. 

Nous donnons ce que nous avons

Nous donnons très souvent le meilleur de nous, aux autres et cela en oubliant de nous accorder à nous-même ce même privilège. Moi, je m’aime et c’est pour cela que je peux aimer mes fils avec conviction et force.

Si je peux m’aimer, je peux aimer et pour y arriver, j’ai dû un jour me choisir. Et je l’avoue avec toute la sincérité du monde, c’est grâce à mes enfants que j’ai pu y arriver.

Ils ont été pour moi la seule vraie force que j’avais besoin pour grandir. Cela est un peu spécial à dire, mais oui, j’ai grandi avec mes enfants.

Un remerciement inoubliable.

J’en ai un qui a 26 ans maintenant. Bientôt il en aura 27, deux jours avant ma propre fête d’anniversaire. Et l’an passé, à Noël, il m’a remercié. Croyant qu’il me remerciait pour l’avoir invité à une réception, je lui ai dit que cela était tout à fait normal.

Mais il me dit que cela n’était pas pour ça. Intrigué, je lui ai demandé alors pourquoi ? Il me dit : « Pour l’enfance que tu m’as offerte, pour les souvenirs que tu m’as donné » Ce fut le plus beau cadeau de Noël que j’ai reçu de toute ma vie.  

J’ai pu lui offrir cette enfance, simplement parce que j’ai fait des choix qui aujourd’hui, m’ont permis d’être un meilleur père.

Comment pourrions-nous donner ce que nous n’avons pas ? Comment aimer, si nous ne sommes pas capables de nous aimer nous-mêmes ? Pourriez-vous donner 10 dollars si vous n’en avez que 5 dans vos poches ?

Vous en valez la peine

Se choisir est le premier pas vers l’acceptation de soi et le début d’une belle aventure. Se choisir, signifie de prendre le temps d’écouter les besoins de notre être.

C’est de dire, oui j’en vaux la peine et je m’accorde le droit de m’aimer et être aimé.

Le plus mystérieux dans tout cela, c’est le jour que je me suis choisi n’a pas juste apporté quelque chose à mes enfants. Cela a aussi apporté quelque chose à mes parents.

Non, je n’ai pas de colère contre eux, ils ont donné ce qu’ils avaient. La seule différence entre moi et eux, c’est que je me suis choisi pour devenir une meilleure personne. On donne toujours ce que nous avons, ni plus, ni moins.

C’est là, que j’ai compris que tout venait de moi. Que ce monde qui m’entoure demeure ma création. Que je pouvais avoir une influence positive sur les gens qui m’entourent.

Que je pouvais enfin devenir qui je suis sans avoir peur d’être un mauvais garçon. Et il y a qu’une seule façon d’y parvenir et s’est en se choisissant. Moi, je me suis choisi avant tout pour mes enfants, je l’avoue humblement, j’avais beaucoup de difficulté à faire ce choix pour moi seul.

Mais mes enfants étaient et seront toujours mon rêve, ma vie et mon plus grand bonheur. Alors, Je me suis choisi avant tout pour eux. Après cela, j’ai appris aussi à le faire pour moi. 

Nous pouvons garder à vif nos blessures

Oui, nous pouvons garder de la colère contre des personnes de notre passé, oui nous pouvons nous rappeler chaque jour ce que nous avons subi, oui nous pouvons garder à vif nos blessures.

Mais cela est narcissique à mon sens. Pauvre de moi, regardez comme je souffre. J’ai échoué ma vie à cause des autres… Mais est-ce que ce genre d’habitude va vous apporter quelque chose de positif dans vos vies ? La réponse est non !

Franchissez la barrière qui vous immobilise

Alors si vous avez assez d’amour pour vous et pour vos proches, choisissez-vous. N’écoutez pas ceux qui diront que vous êtes égoïste. Car se choisir est un acte de foi, c’est souvent un choix qui est au début reste nébuleux.

Mais avec le temps, jour après jour, le voile se lève sur ce choix basé sur des valeurs qui détiennent des vérités universelles.

Au fond, ce choix demeure un choix d’acceptation, de se reconnaître comme étant le créateur de son destin. Et croyez-moi, cela fera beaucoup de bien autour de vous.

C’est pourquoi, ce simple geste est très loin d’être une preuve d’égoïsme. C’est une première action vers l’harmonique dans sa vie avec soi et les autres. 

Croyez en vous, choisissez-vous et bâtissez votre avenir à l’image de la personne que vous êtes et non en fonction du regard des autres.

Se choisir est le seul choix valable.

Signé: Un père qui a grandi en même temps que ses enfants. 

 

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